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Chiffrement : la lutte se poursuit à distance entre Apple et le FBI

par Stéphane Larcher, le 25 avril 2016

D 26 avril 2016     H 17:37     A Clausyl info     C 14 messages


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Bien que le FBI ait décidé de renoncer à ses poursuites contre Apple dans les affaires dites de San Bernardino et de Brooklyn, le sujet continue à agiter les passions outre-Atlantique. Pêle-mêle, nous avons appris la semaine dernière que le FBI avait déboursé 1,3 million de dollars pour rémunérer des hackers les ayant aidés à récupérer le contenu de l’iPhone 5c du tueur de San Bernardino, Syed Farook. Peu de détails ont filtré si ce n’est que les hackers auraient utilisé une faille zero-day, selon le Washington Post. La faille aurait permis de contourner le processus d’effacement des données après 10 tentatives échouées et donc d’utiliser une attaque en force brute, c’est-à-dire tester toutes la combinaisons pour finalement trouver la bonne. Ultérieurement, Apple aurait demandé communication de cette faille pour pouvoir y remédier, sans succès. Les relations demeurent donc glaciales entre les deux entités. James Corney, directeur du FBI, a indiqué à propos du montant payé : « cela les valait ». On peut donc en déduire que les secrets dévoilés seront de nature à faire progresser l’enquête et découvrir d’éventuelles complicités, ce qui donnerait du crédit aux demandes du FBI.

Plus de 1000 iPhone concernés

En fin de semaine dernière, dans une autre affaire de trafic de drogue dans laquelle est également impliquée un iPhone 5c, le FBI a indiqué n’avoir plus besoin de quiconque, ayant réussi à obtenir les codes d’accès grâce à une complicité extérieure. Ces deux affaires récentes ne sont qu’un début. Car beaucoup de téléphones attendent le même traitement. En effet, Bloomberg Business rapporte que selon le procureur du disitrict de Manhattan, 230 appareils seraient dans le même cas dans sa juridiction. Le nombre serait de 552 pour les juridictions de Los Angeles, San Bernardino et Sacramento, 145 à Houston et Austin et 137 à Boston. Tous ces cas concerneraient des iPhone équipés en iOS 8 ou supérieur, pour lesquels la justice ne pourrait accéder aux données.

Une proposition analphabète

La bagarre va donc se déporter vers le congrès américain et une proposition de loi a été déposée par les sénateurs Richard Burr et Dianne Feinstein, visant à obliger les entreprises à aider les forces de l’ordre dans leurs tentatives de déchiffrement ou de déblocage des terminaux, ce qui revient peu ou prou à supprimer le chiffrement. La proposition a été très diversement accueillie, Kevin Bankston, directeur de la fondation Open Technology Institute la qualifiant ainsi : « Dans mes 20 ans à travailler dans la politique autour des technologies, c’est clairement la proposition la plus ridicule, dangereuse et techniquement analphabète que j’ai vue ».
De son côté Apple vient de recevoir des soutiens de poids avec le ralliement du Général Michael Hayden, ancien patron de la NSA et de la CIA, et de Michael Chertoff (ci-contre), ancien secrétaire d’État à la sécurité intérieure. Tous les deux ne sont pas connus pour être de furieux libertaires. Ils sont également supportés par d’autres anciens patrons de la CIA ou encore par Richard Clarke (ci-dessous), ancien patron du contre-terrorisme à la Maison Blanche. Certes, tous ces anciens responsables sont aujourd’hui employés par des entreprises privées technologiques pour lesquelles ils agissent en qualité de consultants et/ou membres des Conseils d’administration. Leurs nouvelles postures – radicalement opposées à ce qu’ils prônaient voici quelques années – sont sans doute largement influencées par leurs nouvelles responsabilités et leurs nouveaux employeurs ou contractants. Il n’empêche : tous expliquent qu’interdire le chiffrement est aussi utopique que dangereux, en particulier parce que les USA – et tout particulièrement leurs entreprises technologiques doivent demeurer compétitives dans le marché international. « Le chiffrement est à la base des communications Internet. Il n’y a rien que nous ne puissions faire pour empêcher cela  ». Venant de l’ancien patron de la NSA et de la CIA, la phrase ne manque pas d’intérêt.


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